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Toxoplasmose et grossesse : sérologie, risques et précautions

Mis à jour le · Par la rédaction de Santé à la Loupe

La toxoplasmose est une infection parasitaire le plus souvent silencieuse. Pendant la grossesse, elle prend une autre dimension : le risque de transmission au foetus augmente avec le terme, alors que la gravité diminue.

Toxoplasmose et grossesse : sérologie, risques et précautions

La toxoplasmose est une infection due à un parasite, *Toxoplasma gondii*. Chez une personne en bonne santé, elle passe le plus souvent inaperçue. Pendant la grossesse, elle change de statut : c'est la seule situation où une infection bénigne pour la mère peut avoir des conséquences sérieuses pour l'enfant à naître.

D'où la question qui amène ici la plupart des lectrices : que signifie une sérologie de toxoplasmose négative et que faut-il changer au quotidien. Réponse courte : sérologie négative veut dire non immunisée, donc surveillance mensuelle et quelques règles simples sur l'alimentation, le jardinage et la litière du chat.

Ce que dit votre résultat de sérologie

La sérologie recherche les anticorps dirigés contre le parasite. Elle fait partie des examens proposés en début de grossesse, et son interprétation est binaire dans ses conséquences pratiques.

RésultatCe que cela veut direCe qui est prévu
Sérologie positiveVous avez déjà rencontré le parasite, vous êtes immuniséeAucune surveillance particulière au titre de la toxoplasmose
Sérologie négativeVous n'avez jamais été en contact, vous n'êtes pas immuniséeContrôle sanguin tous les mois jusqu'à l'accouchement, et mesures de prévention

Un contrôle mensuel n'a rien d'alarmant : il sert à repérer très tôt une éventuelle contamination, ce qui permet d'agir sans attendre. C'est une surveillance, pas un signal d'inquiétude.

Le toxoplasme est un parasite, au même titre que ceux décrits dans la rubrique des parasitoses, mais c'est le seul dont l'enjeu principal concerne l'enfant à naître.

Quel est le risque réel pour le bébé ?

C'est le point où il faut être précis, parce que deux notions s'inversent au fil de la grossesse et que les confondre entretient une angoisse inutile.

Le risque de transmission au foetus augmente avec le terme : il est d'environ 10 % au premier trimestre, autour de 30 % au deuxième, et d'environ 60 % au troisième. La gravité, elle, suit le chemin inverse. Une contamination précoce est rare mais peut être grave, avec un risque de fausse couche, d'atteinte neurologique ou oculaire. Une contamination tardive est plus fréquente mais donne le plus souvent des formes discrètes, qui justifient une surveillance de l'enfant après la naissance.

Autrement dit : plus la grossesse est jeune, moins le parasite passe, mais plus les conséquences peuvent être lourdes. C'est cette double lecture qui explique la surveillance mensuelle et la prise en charge immédiate en cas de séroconversion.

Comment on l'attrape, et ce qu'il faut vraiment changer

Le parasite se transmet par l'alimentation et par le contact avec la terre, beaucoup plus que par le chat lui-même. Les mesures utiles sont peu nombreuses et faciles à tenir.

Côté alimentation : faire bien cuire la viande à coeur, en évitant les viandes saignantes et crues, ainsi que les charcuteries crues et la viande fumée ou marinée non cuite. Laver soigneusement les fruits et les légumes, surtout ceux qui portent encore de la terre, ainsi que les herbes aromatiques. Se laver les mains après avoir manipulé de la viande crue ou des légumes terreux, et nettoyer les ustensiles et les plans de travail.

Côté jardin et terre : porter des gants pour jardiner et se laver les mains ensuite, y compris après avoir touché un bac de plantes.

Côté chat : et c'est la bonne nouvelle, il n'y a aucune raison de se séparer de son chat pendant la grossesse. Un chat qui vit en appartement et mange des croquettes ou de la pâtée n'excrète pas de parasite. Si le chat sort et chasse, la litière se change tous les jours, à l'eau très chaude, avec des gants, et de préférence par quelqu'un d'autre pendant la grossesse. Un changement quotidien suffit à rendre la litière non contaminante, car les oeufs ont besoin de plusieurs jours pour devenir infectants.

Et si la sérologie devient positive pendant la grossesse ?

On parle de séroconversion. Elle se signale immédiatement à l'équipe qui suit la grossesse. Un traitement est mis en place sans attendre pour réduire le risque de passage au foetus, et des examens complémentaires sont proposés pour évaluer une éventuelle atteinte. Rien de tout cela ne se décide ni ne s'anticipe sur une page d'information : c'est un suivi spécialisé, au cas par cas.

Voir aussi en vidéo

Le groupe de recherche sur les infections et la grossesse résume en une minute et demie les gestes de prévention qui comptent réellement.

Prévention de la toxoplasmose pendant la grossesse, Groupe Recherche Infections et Grossesse (GRIG), publiée le 4 octobre 2021. La lecture charge YouTube et dépose ses cookies.

Questions fréquentes

Faut-il se séparer de son chat pendant la grossesse ?

Non. C'est probablement l'idée reçue la plus tenace sur ce sujet. Le risque vient de la litière souillée depuis plusieurs jours, pas de la présence de l'animal ni des caresses. Une litière changée quotidiennement, avec des gants et de préférence par une autre personne, suffit. Un chat d'intérieur nourri avec des aliments industriels ne présente pas de risque.

Que peut-on manger avec une toxoplasmose négative ?

Tout, à condition que ce soit bien cuit ou bien lavé. Les viandes se consomment à coeur, jamais saignantes. Les crudités, les salades et les herbes se lavent soigneusement. Les charcuteries crues, la viande séchée ou marinée non cuite sont à éviter. Les produits laitiers au lait cru posent d'autres questions, distinctes de la toxoplasmose, à aborder avec la sage-femme ou le médecin qui suit la grossesse.

La toxoplasmose donne-t-elle des symptômes ?

Le plus souvent aucun, ce qui est justement le problème : une contamination peut passer complètement inaperçue. Quand des signes existent, ils sont banals et trompeurs : une fièvre modérée, des ganglions au cou, une fatigue qui dure, parfois des courbatures. Rien qui permette de faire la différence avec une infection virale ordinaire. C'est la prise de sang mensuelle, et elle seule, qui repère la contamination.

Une fois immunisée, l'est-on pour toujours ?

Chez une personne dont les défenses immunitaires fonctionnent normalement, oui : une sérologie positive avant la grossesse dispense de la surveillance mensuelle. La situation est différente en cas d'immunodépression, où le parasite peut se réactiver. Ce cas relève d'un suivi médical spécifique, sans rapport avec la surveillance de grossesse habituelle.

Cette fiche est une information de vulgarisation. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute, consultez un médecin.